IT-Mediagymnasiet - Lund - Suède
Lund
Lund est l'une des plus anciennes villes de Suède située à proximité immédiate de Malmö et face à Copenhague, la capitale du Danemark. Lund se trouve dans le comté de Scanie et au centre de la région d’Öresund.
Population : 76 188 habitants
Superficie : 2 499ha
Densité : 3 049 habitants/km2
Monnaie : la couronne suédoise (le sek)
Langues parlées : Le suédois est la langue officielle. On parle également le sami, finnois, meänkieli (finnois du Tornedalen), yiddish, romani. L'anglais est compris partout.
Climat : un climat océanique
Les étés sont chauds et agréables avec une température moyenne élevée comprise entre 22 ° C et 14 ° C. Les mois les plus chauds sont Juillet et Août.
Les hivers sont froids, avec une température constante comprise entre -1 à 3 ° C. Les mois les plus froids sont compris entre Décembre et Mars.
Les précipitations sont faibles à modérées toute l'année avec 169 jours de pluie
Transports : à Lund, la manière la plus facile de se déplacer est à pied ou à vélo, ou en utilisant le service d'autobus local. Son système de transports LundaMaTs est respectueux de l'environnement. Le pont de l'Öresund fournit un lien direct pour les voitures et les trains entre la Suède et le Danemark. Il ne faut que 45 minutes pour arriver à Kastrup - aéroport international de Copenhague - par train à partir de Lund.


Notre échange
Il s'agit de l'IT-Mediagymnasiet de Lund, un lycée suédois spécialisé dans l'audiovisuel et le tourisme.


La Suède
Histoire
Il y a 14 000 ans, toute la Suède actuelle était recouverte de glaces. Lorsque les glaciers se retirèrent, l’homme s’installa dans leur sillage, et le premier habitat humain connu, dans le sud du pays, remonte à environ 12 000 ans av. J.-C.
On peut constater qu’au cours de la période comprise entre 8 000 et 6 000 ans avant notre ère, l’ensemble du territoire commen- ça à se peupler de tribus qui vivaient de la chasse et de la pêche et se servaient d’outils de pierre rudimentaires. L’âge de la pierre, au cours duquel les outils se perfectionnent et dont on retrouve, en nombre croissant, des vestiges d’habitat et des tombeaux, s’é- tend, selon la tradition archéologique, jus- qu’à environ 1800 av. J.-C. pour être suivi, dans les pays nordiques, de l’âge du bronze (1800–500 av. J.-C.). Ce dernier doit son nom aux armes et objets de culte caracté- ristiques des trouvailles de cette période, même si les outils de pierre continuaient de prédominer dans la vie quotidienne. Dans les pays nordiques – en particulier au Danemark, mais aussi en Suède –, cette période se distingue par un niveau élevé de civilisation qui se reflète entre autres dans la richesse des objets funéraires. À partir de 500 av. J.-C., les trouvailles se font plus rares, en même temps que l’utilisation du fer commence à se généraliser. Au cours du premier âge du fer (500 av. J.-C.–400 apr.
J.-C.), de l’ère des grandes invasions (400- 550), puis de la période de Vendel (550– 800), qui doit son nom aux magnifiques bateaux-tombeaux découverts près de Ven- del, dans l’Uppland, la population de Suède devient sédentaire. C’est à partir de cette époque que l’agriculture devient la base de la vie économique et sociale du pays.
Les Vikings et le début du christianisme
La période viking (800–1050) se caractérise par une forte expansion qui, pour ce qui est de la Suède, s’oriente vers l’Est sous forme d’incursions tenant à la fois de la rapine et de l’expédition commerciale, qui conduisent les Vikings le long des côtes de la Baltique et des fleuves jusqu’au cœur de la Russie actuelle, où ils fondent des comptoirs com- merciaux et des principautés éphémères, comme celle de Riourik à Novgorod. Les Vikings suédois poussèrent vers l’Est jusqu’à atteindre la mer Noire et la mer Caspienne, où ils établirent des relations commerciales avec Byzance et les royaumes arabes. Dans le même temps commençait l’évangélisation de la Suède, avec Anschaire, missionnaire venu du royaume carolingien au IXe siècle. Mais ce n’est qu’au XIe siècle que la Suède fut christianisée, encore que le paganisme et l’ancienne mythologie nordique y survécurent jusqu’à une époque avancée du XIIe siècle. Il faut attendre 1164 pour voir la Suède introniser son pro- pre archevêque. Aux XIIe et XIIIe siècles, la Suède s’étend également vers l’Est en annexant, après plusieurs expéditions militaires, la Finlande au royaume de Suède.

Fondation du royaume
Les diverses provinces, restées auparavant des entités distinctes, formèrent vers l’an mille un ensemble unifié dont les hauts lieux étaient, d’une part, le Västergötland et l’Östergötland, de l’autre, le pourtour du lac Mälaren avec, au centre, l’Uppland. À partir du milieu du XIIe siècle, le pouvoir séculier de Suède devint l’enjeu d’une lutte acharnée entre la lignée des Sverker et celle des Erik, les deux dynasties alternant sur le trône royal de 1160 à 1250. À cette époque encore, les provinces restaient cependant des entités administratives ayant leurs propres assemblées (ting), sénéchaussées et législation. Ce n’est que dans la seconde moitié du XIIIe siècle que le roi parvint à accroître son influence et à faire valoir vraiment, par la construction de châteaux-forts royaux et la création d’administrations provinciales, les intérêts du pouvoir central et à imposer des lois et des décrets applicables dans tout le royaume. En 1280, Magnus Ladulås (1275–90) put promulguer un décret donnant naissance à une noblesse séculière privilégiée et à une société organisée selon un modèle féodal. Le roi s’adjoignit un Conseil du royaume composé de représentants de l’aristocratie et de l’Église.
Sous le règne de Magnus Eriksson (1319–64), les lois provinciales furent remplacées, en 1350, par un Code général applicable dans tout le royaume.
L’époque de la Hanse
Au XIVe siècle, les échanges commerciaux s’intensifient, en particulier avec les villes allemandes regroupées dans la Ligue hanséatique sous la houlette de Lübeck. Au cours des deux siècles suivants, jusqu’au milieu du XVIe, la Hanse occupe une position dominante dans le commerce avec la Suède, où l’ampleur des échanges donne naissance à de nombreuses villes. L’agriculture, qui n’a cessé de constituer la pierre angulaire de la vie économique, connaît également un grand essor, notamment suite à l’adoption de l’assolement triennal et à l’amélioration de l’outillage. La peste noire, qui atteint la Suède en 1350, engendre cependant une longue période de récession caractérisée par une régression démographique et par l’abandon de nombreuses métairies. Ce n’est que vers la fin du XVe siècle que l’on peut considérer la crise comme vaincue, en même temps que la sidérurgie de la Suède centrale commence à jouer un rôle sans cesse grandissant dans l’économie du pays.
L’Union de Kalmar
À la suite de divers héritages et alliances, le pouvoir royal au Danemark, en Norvège et en Suède se trouve en 1389 concentré entre les mains de la régente Marguerite, reine de Danemark. Sous sa conduite fut signée en 1397 « l’Union de Kalmar», qui impliquait que les trois pays scandinaves seraient gouvernés par un seul et même roi. Toute la durée de l’Union – de 1397 à 1521 – fut cependant émaillée de luttes entre le pouvoir central, représenté par le roi, et la haute noblesse, avec, épisodiquement, des révoltes bourgeoises et paysannes. Ces conflits, que sous-tendait la volonté de sauvegarder l’unité nationale de la Suède et les intérêts économiques qui la liaient à la Hanse, aboutirent au « Bain de sang » de Stockholm (1520) : le roi danois de l’Union, Christian II, fit exécuter 80 des hommes les plus en vue de Suède. Il s’ensuivit une révolte dont le point final fut, en 1521, la destitution du souverain danois. Un noble suédois, Gustave Vasa, s’empara du pouvoir et fut proclamé roi de Suède en 1523.
La dynastie des Vasa
C’est sous le règne de Gustave Vasa (1523–60) que furent jetées les bases de l’État national suédois. L’Église fut nationalisée, ses biens confisqués par l’État, la réforme protestante progressivement menée à bien. En même temps, l’administration fut organisée sur le modèle allemand et le pouvoir se concentra entre les mains du souverain. Le pouvoir royal fut encore renforcé en 1544, lorsque le pays devint une monarchie héréditaire, après avoir été un royaume électoral dans lequel l’aristocratie avait son mot à dire lors de chaque succes- sion au trône.
En dépit des efforts déployés par la haute noblesse pour rétablir l’autorité du Conseil du royaume sous les règnes d’Eric XIV (1560–68), de Jean III (1568–92) et de Sigismond (1592-99), le roi maintint sa position et la renforça de plus sous les règnes de Charles IX (1599–1611) et de Gustave II Adolphe (1611-32). Après la mort de Gustave II Adolphe, tué à la bataille de Lützen en 1632, la haute noblesse parvint certes à imposer en 1634 une nouvelle Constitution qui conférait le pouvoir aux administrations centrales créées à la même époque. Mais la Constitution de 1634 allait rester une loi de tutelle – d’abord au cours de la minorité de la reine Christine, puis de celle de Charles XI – pour finir par être entièrement mise hors jeu lorsqu’en 1680, Charles XI imposa une réduction des biens de la noblesse. Celle-ci se trouvait définitivement transformée en une noblesse de robe contrainte à obéir en tout point au souverain.
Politique étrangère – De la période de grandeur à la neutralité et à l’entrée dans l’UE
Depuis la rupture de l’union avec le Danemark et la Norvège, la Suède avait axé sa politique étrangère sur la conquête de la maîtrise en mer Baltique, ce qui, à partir des années 1560, provoqua des conflits armés répétés avec le Danemark. Étant intervenue, en 1630, avec grand succès dans la Guerre de Trente Ans aux côtés des protestants, la Suède, dont le roi Gustave II Adolphe était devenu un des principaux monarques d’Europe, vainquit le Danemark dans deux guerres – celle de 1643–45 et celle de 1657–58 –, ce qui lui permit d’annexer la Scanie, les provinces de Halland et de Blekinge et l’île de Gotland, jusque-là possessions danoises, et d’arracher les provinces de Bohuslän, de Jämtland et de Härjedalen à la Norvège. La Suède, qui comprenait en outre la Finlande un certain nombre de provinces du nord de l’Allemagne et les pays baltes actuels, devint ainsi, après le Traité de Westphalie (1648) et la paix conclue avec le Danemark à Roskilde (1658), l’une des toutes grandes puissances du Nord de l’Europe. Elle avait même fondé une éphémère colonie en Amérique du Nord, dans ce qui est aujourd’hui le Delaware. Mais à part quelques modestes forges et la mine de cuivre de Falun, elle restait un pays purement agricole caractérisé par une économie de troc et manquant des ressources nécessaires pour pouvoir maintenir à la longue cette position de grande puissance. Vaincue, dans la grande Guerre du Nord, par le Danemark, la Pologne et la Russie (1700–21), la Suède perdit la plus grande partie de ses provinces d’outre-Baltique et sa souveraineté se trouva réduite à un territoire correspondant, en gros, à celui de la Suède et de la Finlande d’aujourd’hui. Au cours des guerres napoléoniennes, elle dut finalement céder la Finlande à la Russie et renoncer à ses dernières possessions en Allemagne du Nord. En compensation de ces pertes, le prétendant nouvelle- ment élu au trône de Suède (1810) – le futur Charles XIV Jean – parvint à annexer la Norvège, contrainte, en 1814, à s’engager dans une union avec la Suède. Après de multiples conflits internes, celle-ci fut cependant dissoute pacifiquement en 1905. Après la courte guerre qui l’opposa à la Norvège à la suite de l’union de 1814, la Suède n’a plus participé à aucun conflit armé et, depuis la Première Guerre mondiale, elle a aussi adopté, en politique étrangère, une ligne de conduite fondée sur la non-alliance en temps de paix, la neutralité en temps de guerre et la sécurité assurée par une puissante défense nationale. Dans le même temps, la Suède devint néanmoins membre de la Société des Nations en 1920 et des Nations unies en 1946. Dans le cadre de ces organismes, elle a participé à de nombreuses actions internationales visant au maintien de la paix.
La fin de la guerre froide et de la division politique de l’Europe offrent désormais des perspectives nouvelles à la politique étrangère et de sécurité de la Suède, qui se voit ouvrir la voie de sa participation au processus d’intégration de l’Europe occidentale. C’est pourquoi la Suède a introduit en 1991 sa demande d’adhésion à part entière à la Communauté européenne (CE), et est devenue membre de l’Union européenne (UE) en 1995 à la suite d’un référendum tenu en novembre 1994. La non-participation aux alliances militaires reste aujourd’hui encore le fondement de la politique de sécurité suédoise, mais dans le même temps, les menaces à la sécurité ont été redéfinies, ce qui ouvre la voie à une coopération plus étroite avec d’autres pays dans le domaine de la politique de sécurité.
Evolution constitutionnelle, économique et politique
L’absolutisme et l’ère de la liberté
Après la mort, en 1718, du roi guerrier Charles XII, et les défaites subies dans la grande Guerre du Nord, le Riksdag (Par- lement) et le Conseil du royaume imposèrent une nouvelle Constitution qui abolissait la monarchie absolue et conférait le pouvoir au Riksdag. Pendant « l’Ère de la liberté » (1719–72), la Suède vit se développer un régime parlementaire impliquant que le parti majoritaire au Riksdag désignait le gouvernement (le Conseil), celui- ci étant à son tour responsable devant le Riksdag. Un coup d’État sans effusion de sang (1772) permit à Gustave III (1771–92) de réduire le pouvoir du Riksdag et de restaurer la monarchie absolue en 1789.
Par ailleurs, le XVIIIe siècle se caractérise, en Suède, par un épanouissement culturel accéléré par des contacts étroits avec la France. Les échanges commerciaux, qui s’étaient rapidement développés pendant ce siècle, furent considérablement entravés par les guerres napoléoniennes, et la première moitié du XIXe siècle fut une période de stagnation et de crise économique. Même dans la deuxième partie du XIXe siècle, et en dépit de la construction des chemins de fer et de l’essor de l’industrie du bois, la Suède restait un pays pauvre où 90 % de la population vivait de l’agriculture. Il s’ensuivit un mouvement d’émigration – surtout vers l’Amérique du Nord – d’une ampleur relativement très importante ; entre le milieu du XIXe siècle et 1930 un million
et demi de Suédois – sur une population de 3,5 millions en 1850 et guère plus de 6 millions en 1930 – quittèrent le pays. Ce n’est que dans les années 1890 que l’industrie commença à croître, pour se développer très rapidement au cours de la période comprise entre 1900 et 1930 et faire de la Suède, après la Seconde Guerre mondiale, l’un des premiers pays industrialisés d’Europe.
L’avènement de la démocratie
En politique intérieure, l’évolution est restée calme et paisible après la déposition de Gustave IV Adolphe (1729–1809) par un coup d’État en 1809. Une nouvelle constitution fut adoptée, consacrant la séparation des pouvoirs préconisée par Montesquieu. Peu après, le maréchal français Jean-Baptiste Bernadotte fut élu successeur au trône, puis devint roi en 1818 sous le nom de Charles XIV Jean (1818–44). Bien que son règne fût marqué du sceau de sa politique conservatrice, une opposition libérale commença à se manifester. La scolarité générale obligatoire et l’école primaire furent instaurées en 1842, et sous les règnes de son fils Oscar Ier (1844-59) et de son petit-fils Charles XV (1859-72), le libéralisme triomphant entraîna, entre autres, la suppression du système corporatif en 1846, et l’instauration du libre-échange dans les années 1850 et 1860. Enfin, en 1862, l’autonomie communale fut décrétée et en 1866, une réforme du système de représentation fut votée. L’ancien Riksdag, démodé, où siégeaient des représentants des quatre états, fut remplacé par un parlement composé de deux chambres élues, qui devait subsister jusqu’à l’instauration, en 1971, du système monocaméral.
En Suède, le XIXe siècle voit naître également de puissants mouvements populaires tels que les ligues anti-alcooliques et les mouvements de liberté religieuse, les organisations féministes et surtout le mouvement ouvrier. Ce dernier, qui se développa dans le sillage de l’industrialisation au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, se caractérise, à partir du tournant du siècle, par ses tendances réformistes, et dès 1917, des représentants sociaux-démocrates entrent au gouvernement. Le suffrage universel et égalitaire est instauré en 1909 pour les hommes et en 1921 pour les femmes. En même temps, c’est l’avènement du parlementarisme. Dans les années 1930, après la prise de pouvoir par les sociaux-démocrates, furent jetées les bases d’une société de bien- être qui, pour l’essentiel, a pu être réalisée après la Seconde Guerre mondiale.
L’après-guerre – Modernisation sous l’égide de la social-démocratie
Au cours de la Seconde Guerre mondiale fut constitué un gouvernement d’union nationale comprenant les quatre partis « démocratiques », mais non les communistes. Après la guerre, on en revint à un gouvernement exclusivement social-démocrate sous la conduite de Per Albin Hansson. À la mort de celui-ci, en 1946, Tage Erlander devint premier ministre, poste qu’il occupa sans interruption jusqu’en 1969. Son successeur, Olof Palme, fut chef du gouverne- ment de 1969 à 1976. Sous la conduite des sociaux-démocrates, mais aussi en étroite coopération avec les autres partis démocratiques, fut mise en œuvre, au cours des années 1940 et 1950, une série de réformes qui constituent le fondement de la société suédoise de bien-être.
Dans le même temps, des voix s’élevaient pour exiger la modernisation de la Constitution de 1809. Au terme de longues discussions et de renvois en commission, une nouvelle Constitution fut adoptée en 1974. Elle dispose que la souveraineté nationale émane du peuple qui, par des élections libres, désigne le Riksdag. Seul celui-ci est habilité à légiférer et à voter des impôts. Le gouvernement est désigné par le Riksdag et responsable devant celui-ci. Le roi reste le chef de l’État, mais ses fonctions ne sont plus que purement honori- fiques. Gustave VI Adolphe, monté sur le trône en 1950, décéda en 1973. Son succes- seur, Charles XVI Gustave, est le premier roi de Suède à « régner » conformément aux dispositions de la nouvelle Constitution. Suite à un amendement apporté en 1980 à la Loi de succession au trône, la couronne revient, sur un pied d’égalité, aux femmes comme aux hommes, de sorte que la princesse Victoria est devenue héritière du trône au lieu de son frère cadet Charles-Philippe.
Crise économique et nouveaux gouvernements
La crise économique internationale déclenchée par la flambée des prix pétroliers en 1973, a provoqué, en Suède aussi, une montée du chômage. L’expansion de l’industrie, extrêmement rapide au cours des années 1950 et 1960, et l’accroissement accéléré de la production avaient permis, jusqu’au début des années 1970, une amélioration soutenue et rapide du niveau de vie suédois. À partir du milieu de la même décennie, cette amélioration s’est ralentie pour cesser totalement à la fin des années 1980.
Sous l’effet de la crise économique, les élections législatives de 1976 eurent pour résultat la démission du gouvernement social-démocrate et la formation d’un gouvernement de coalition sous la conduite de Thorbjörn Fälldin, leader du Parti du centre. Des dissensions au sujet de l’extension du parc nucléaire entraînèrent cependant plusieurs remaniements gouvernementaux.
À la veille des élections parlementaires de 1982, ce furent entre autres l’emploi et le déficit budgétaire qui se trouvèrent au cœur du débat. Le scrutin donna la victoire au Parti social-démocrate, qui forma le gouvernement sous la conduite d’Olof Palme, premier ministre. Une dévaluation de la couronne suédoise et diverses mesures énergiques permirent au nouveau gouvernement d’améliorer la situation économique de la Suède. La nette amélioration des conjonctures internationales intervenue en 1983 et au cours des années suivantes, contribua à un retour à l’équilibre du budget de l’État, ce dont le gouvernement profita pour étendre considérablement le secteur public.
L’assassinat d’Olof Palme, le 28 février 1986, fut un choc douloureux pour le peuple suédois qui, pendant près de 200 ans, s’était vu épargner une telle forme de violence politique. Le successeur d’Olof Palme, Ingvar Carlsson, poursuivit pour l’essentiel la politique de son prédécesseur.
L’expansion croissante de la production, qui avait caractérisé précédemment l’évolution économique de la Suède, cessa au cours des années 1980. À la fin de la décennie et au début des années 1990, ce renversement de tendance entraîna une diminution de la production industrielle et un solde négatif de la balance des paiements. Dans le même temps, le gonflement du secteur public soumettait l’économie à d’énormes contraintes. L’accroissement rapide du chômage contribua encore à d’importants déficits budgétaires et à l’augmentation accélérée de la dette publique. Le mécontentement suscité par le gouvernement social-démocrate ne cessa de s’amplifier, et les élections législatives de 1991 eurent pour résultat sa démission et son remplacement par un gouvernement de coalition non socialiste, le poste de premier ministre étant confié à Carl Bildt, leader des modérés. En dépit de tous les efforts déployés pour stimuler l’activité des entreprises et malgré les coupes sombres opérées dans le secteur public, ce nouveau gouvernement n’est pas parvenu à maîtriser le chômage, ni la rapide augmentation du déficit budgétaire, ni l’accroisse- ment de la dette publique découlant de celui-ci.
Retour au pouvoir des sociaux-démocrates
Les élections générales de 1994 ont vu un nouveau retour au pouvoir des sociaux- démocrates, qui ont formé un gouvernement social-démocrate minoritaire avec Ingvar Carlsson au poste de premier ministre. En 1996, Ingvar Carlsson a quitté ses fonctions de premier ministre pour raisons personnelles et a été remplacé par l’ancien ministre des finances, Göran Persson.
La première tâche du gouvernement social-démocrate a été de rétablir l’équilibre des finances publiques. Il a procédé par une combinaison de hausses d’impôts et de mesures d’économie qui ont nécessité des coupes dans plusieurs des régimes de protection sociale. Dans le même temps, le gouvernement avait pour ambition de contenir l’inflation et de se donner les moyens de rembourser une partie de l’importante dette publique.
Les finances publiques se sont progressivement améliorées dans les années qui ont suivi. Les coupes opérées dans les systèmes de protection sociale ont été sensibles, suscitant un large mécontentement parmi les électeurs traditionnels du parti de gouvernement. Aux élections de 1998, les sociaux-démocrates ont fait leur plus mauvais score depuis les années 1930, seulement 36,4 % des suffrages contre 45,3 % quatre ans auparavant. Malgré ce recul, Göran Persson a pu se maintenir au pouvoir avec le soutien du Parti de la gauche et du petit parti des Verts.

L’entrée dans le XXIe siècle
Au seuil du nouveau siècle, l’économie sué- doise avait retrouvé l’équilibre. Le budget de l’État était excédentaire, l’inflation faible, la croissance robuste et le chômage en baisse. Cela tenait pour une part à la politique économique du gouvernement, mais l’économie suédoise avait bénéficié aussi d’une vigoureuse reprise conjoncturelle dans l’ensemble des pays occidentaux.
Après les élections de 2002, le gouvernement a été reconduit. Toujours avec le sou- tien du Parti de la gauche et des Verts, les sociaux-démocrates étaient parvenus à garder le pouvoir avec 39,8 % des voix. Le règne du Premier ministre Göran Persson a pris fin avec les élections de 2006, dont le grand vainqueur a été le Parti modéré. En alliance avec le Parti du Centre, les libéraux et les démocrates-chrétiens, les modérés ont ainsi pu former un gouvernement de coalition dirigé par leur leader Fredrik Reinfeldt. La politique du nouveau gouvernement repose entre autres sur l’idée que des baisses d’impôts peuvent permettre d’améliorer l’emploi.
La coopération européenne a également retenu l’attention au début du XXIe siècle. Au premier semestre 2001, la présidence suédoise de l’UE a donné au gouvernement l’occasion de jouer un rôle plus actif en Europe. Dans l’exercice de cette fonction, la Suède, considérée comme l’un des pays membres les plus eurosceptiques, a pour l’essentiel défendu avec succès les dossiers de l’élargissement à l’Est et de la transparence. Mais au cours du sommet européen de Göteborg qui marquait en juin 2001 l’achèvement de la présidence suédoise, le bilan politique positif de la Suède a été relégué au second plan par des manifestations de foule qui ont dégénéré en émeutes.
Le référendum de l’automne 2003 sur l’adhésion à l’union monétaire a montré une nouvelle fois que l’euroscepticisme restait largement répandu en Suède. Une nette majorité de la population a voté contre le remplacement de la couronne par l’euro. Mais les derniers jours de la campagne du référendum ont été dominés par un nouveau traumatisme national. Moins d’une semaine avant le référendum, Anna Lindh, la ministre des affaires étrangères, était assassinée dans un grand magasin du centre de Stockholm.
La place de la Suède dans l’Union européenne au premier chef, mais aussi le scep- ticisme des Suédois à l’égard de l’Union, sont des thèmes que le gouvernement non socialiste entré en fonction en 2006 cite lui aussi parmi les grandes questions d’avenir.
La politique suédoise de l’environnement
La Suède s’est fixé seize objectifs de qualité environnementale à atteindre au plus tard en 2020. L’objectif général est de laisser à la prochaine génération une société qui aura résolu les problèmes majeurs de l’environnement. La Suède a accompli des progrès considérables dans un bon nombre de domaines, mais il reste beaucoup à faire.
La Suède a été un pays précurseur en matière d’approche durable. Ayant constaté dès les années 1960 qu’il fallait faire face à une rapide destruction des ressources naturelles, elle a pris l’initiative en organisant la première conférence des Nations Unies sur l’environnement, tenue à Stockholm en 1972. Depuis, elle n’a cessé de travailler activement, au plan national et international, pour la sauvegarde de l’environnement.
En 1999, le Parlement suédois, le Riksdag, a adopté seize objectifs de qualité environnementale (OQE) et 72 « cibles » nationales intermédiaires. Ces objectifs sont évalués en permanence par un organisme spécialisé mis en place par le gouvernement, le Conseil des objectifs environnementaux. Dans son dernier rapport, publié au printemps 2008, le conseil notait que pour plus de la moitié des objectifs, un effort supplémentaire devait être fait pour mener à bien leur réalisation. En conséquence, le gouvernement prévoit de présenter au Riksdag un nouveau projet de loi sur les objectifs de qualité environnementale.
L’un des objectifs de qualité les plus importants concerne la nécessité de limiter l’impact sur le climat. En Suède comme dans le reste du monde, le re- cours aux combustibles fossiles – pétrole et gaz – représente la plus forte contribution à l’effet de serre.
La Suède est un des rares pays industrialisés à avoir réduit ses émissions de carbone, qui ont diminué de près de 9 pour cent de 1990 à 2006. Sur la même période, la croissance économique était de 44 pour cent. Cette baisse est due en grande partie à ce que le pétrole n’est plus utilisé dans la même mesure pour le chauffage ; il a été largement remplacé par des réseaux de chauffage urbain à base de biocombustibles. Par rapport à 1980, la baisse est considérable. Cette année-là, la Suède avait rejeté 80 000 tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. En 2006, le chiffre était d’un peu plus de 51 500 tonnes.
Bien que la Suède ait réduit ses émissions de carbone, le Conseil des objectifs environnementaux indique que la cible fixée pour la réduction de l’impact sur le climat sera difficile à atteindre d’ici à 2050, entre autres parce que les émis- sions totales de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, ce qui entraînera une hausse de la température moyenne de la planète.

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