Témoignage de Claire Marmond
Etudiante en Hypokhâgne et khâgne entre septembre 1995 et juin 1997 candidate au concours de Cachan mais ajournée, entrée en Faculté d'Espagnol (Lettres, Langue et Civilisation Etrangère) en 2e année et aujourd’hui professeur agrégée d’espagnol.
Au cours de ces 2 années de classe préparatoire, j'ai apprécié de balayer un large éventail de connaissances, même si toutes ne devaient pas se retrouver dans mes études futures. J'ai aimé le haut niveau d'exigence dans tous les domaines, que l'on ne trouve pas dans le cycle obligatoire de l'enseignement. Cependant, je ne pourrais pas dire que dans une classe préparatoire on nous enseigne des « méthodes de travail » : c'est plutôt à chacun de construire les siennes, celles qui lui seront les plus efficaces pour assimiler de grandes quantités d'informations, pour s'approprier de nombreux livres et y trouver les connaissances utiles.
Par ailleurs, c'est au cours de ces 2 années que j'ai pu affiner mon projet professionnel : je souhaitais enseigner, mais la matière restait floue pour moi. Durant ces 2 années, j'ai découvert la culture hispanique dans toute sa richesse (en langues comme dans d'autres matières, des univers insoupçonnés s'ouvrent à l'étudiant !) et ai décidé d'enseigner l'espagnol.
Or, l'espagnol étant ma 2e langue vivante, je ne pouvais obtenir une équivalence traditionnelle à l'université : 2 années de classe prépa ont valu une année d'université. Mais à aucun moment je n'ai eu à regretter ce « contretemps » dans mes études pour diverses raisons : la 2e année d'enseignement de l'espagnol à l'université a été pour moi l'occasion de préparer mon dossier de candidature aux bourses Erasmus (et j'ai fait ma licence en Espagne l'année suivante), j'ai traversé sans difficultés les épreuves et examens à l'université tout en étant impliquée dans une association par ailleurs, et enfin j'ai affiné mes connaissances de la culture hispanique dans certains domaines.
Pour finir, l'héritage de ces 2 années de prépa a été bénéfique lors de ma préparation aux concours de l'enseignement : après la licence, j'ai préparé et réussi le Capes, et j'ai préparé ensuite l'Agrégation (que j'ai réussie) tout en exerçant sur mon premier poste. Ces concours sont effectivement difficiles mais la classe prépa m'avait habituée à « ingurgiter » de grandes quantités de connaissances, à savoir qu'il y aurait toujours plus de choses à connaitre mais que l'on pouvait comprendre et réussir les exercices universitaires (dissertations par exemple) en n'ayant pas tout lu ni tout appris !
Pour moi, les années de prépa ont été la découverte d'un bonheur intellectuel intensif que j'ai vécu pendant encore quelques années d'études (mais que je ne voudrais pas revivre maintenant que j'ai fondé une famille!), un aperçu de tout un monde de connaissances que je continue à découvrir aujourd'hui, bien qu'à un rythme plus lent. Deux années qui ont vraiment fait de moi l'adulte que je suis.
Claire Marmond
PREPA B/L LYON - LYCEE SAINT-MARC - PREPA B/L LYON