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Témoignage de Brice Hua

Je suis Brice Hua, élève en hypokhâgne B/L au lycée St Marc en 2007-2008 et entré à Sciences Po Paris en 2008.

 

J’ai choisi la classe préparatoire B/L en sortant de la filière ES après une longue période de réflexion. Lors de la formulation des vœux, j’hésitais alors entre les IEPs et classes préparatoires ECE et B/L. Le point commun à ces formations est la pluridisciplinarité : en sortant de ES, je n’avais pas envie de me limiter à un des aspects de mon bac, mais plutôt l’approfondir.

Au cours de l’année de terminale, mes préférences étaient dans l’ordre : IEPs (par fainéantise), classe préparatoire B/L (par intérêt) puis ECE (par défaut). La B/L me permettait en effet de temporiser : préparer les IEPs selon mon envie dans l’année qui suivait, mais aussi les écoles de commerce ensuite. Cette prépa m’avait en plus était recommandée par bouche-à-oreille, sur le plan intellectuel et humain.

Aux résultats du baccalauréat, et à la veille des concours IEPs, j’avais changé d’avis au profit de la B/L  tout en passant les concours, et notamment Paris, pour voir. Ce changement de préférences s’explique par un état d’esprit particulier à cette époque: j’avais encore des choses à me prouver, une envie d’en découdre sur le plan scolaire.

 

Concernant le choix de St Marc, il n’a pas été compliqué. Certes un lycée privé, au cœur de Lyon, où une lettre de motivation avec photo est nécessaire, peut surprendre. (Je venais d’un lycée public dans une petite ville.) Mais il avait l’avantage d’être proche de chez mes parents (important pour une prépa selon moi) et recommandé par d’anciens élèves. C’était mon premier vœu et je n’ai pas demandé d’autres prépas par auto disqualification. Le reste de la liste de vœux était un subtil panachage entre la réputation de la prépa, la localisation et la filière.

A la rentrée, j’étais motivé pour les écoles de commerce, voire plus, et désintéressé des IEPs. On a su que très tard (début octobre je pense) que le concours pour Paris était de nouveau ouvert, et j’ai alors changé radicalement mes plans : Paris, ou une khâgne. Les modules ont alors été un avantage (ils étaient déjà un argument pour le choix de St Marc en plus de la proximité entre un IEP et une B/L), même s’il est difficile d’arbitrer entre les concours et la prépa.

Le regard sur la prépa évolue constamment, et encore je n’y suis resté qu’un an. C’est riche intellectuellement (à vous en dégouter), la compétition n’est pas gênante, et l’ambiance plutôt bonne.  Que reste-t-il après ? Les connaissances disparaissent, et reste le sentiment de voir fondre son cerveau. Les célèbres « méthodes de travail » sont, j’espère, un acquis, même s’il serait difficile de toutes les énumérer : organisation face à un flux de devoirs important, rythme de travail régulier, tôt le matin jusqu’à tard le soir, rigueur dans la préparation avec un travail à partir de livres, capacité à réaliser des dissertations, à parler en continu sur un sujet donné.

Quelle utilité pour mes études ? Mon jugement est certainement biaisé, et d’une utilité relative du fait de mon admission à Paris en bac+0 après juste une hypokhâgne: les « doués » n’ayant pas fait de prépa sont nombreux autour de moi. Il me reste alors seulement le souvenir de l’exigence de la prépa, et un regard trop critique sur mes camarades et l’enseignement dispensé cette année : une B/L vaut mieux qu’un IEP si l’on se limite au plan intellectuel.

 

 

PREPA B/L LYON - LYCEE SAINT-MARC - PREPA B/L LYON