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Témoignage de Nadège Pradines

La Khâgne BL était à l'origine pour moi un choix "par défaut" : je ne voulais pas aller en fac, je ne voulais pas aller en IUT ou en BTS, et surtout je savais que j'avais besoin d'un cadre strict, propre à me donner méthode et discipline personnelle. Classe préparatoire, pourquoi pas... J'ai choisi BL sans vraiment savoir ce que c'était, en vérité. Je savais juste que ça ne fermait pas beaucoup de portes, que je pourrais repartir ensuite en fac, forte de ce bagage culturel et méthodologique. Je n'ai pas regretté ce choix.


Mon discours ira peut-être à l'encontre de l'opinion de certains de mes anciens camarades, mais je n'ai pas senti que la prépa était une épreuve difficile, harassante ; elle s'inscrivait pour moi dans la continuité du lycée, l'exigence en plus - mais une exigence saine et fructueuse.


J'ai découvert en cours d'Hypokhâgne ce qu'était l'ENSAI, et c'est l'objectif que je me suis fixé presque aussitôt. Il ne coïncidait pas tout à fait avec un élan spontané du cœur - ce que certains professeurs clairvoyants ont décelé, je crois -, ni n'était ce que j'avais imaginé trouver à l'issue de ma prépa. Mais là non plus, je ne regrette rien.


Pour peu que l'on travaille avec constance et assiduité, on entre à l'ENSAI sans difficultés - il suffit presque de souffler sur la porte. Les enseignants de Saint- Marc connaissent très bien les exigences du concours et savent nous y former. En 2008, nous étions deux à passer le concours, nous avions des modules complémentaires spécifiques pour la préparation de l'épreuve d'économie... Nous avons tous deux été admis brillamment ; il serait ingrat de ne pas reconnaître que c'est aux professeurs de Saint-Marc que nous devons notre réussite.


La conclusion que j'ai tirée de cette expérience est que tout tient, en Khâgne, à la motivation : il faut se fixer un objectif, il faut s'en convaincre et se donner les moyens d'y arriver. Le reste suit naturellement, malgré les coups de déprime, les mauvaises notes dans certaines matières, les problèmes familiaux, la mononucléose à l'orée des révisions (véridique !)...


Aujourd'hui, je suis attachée statisticienne stagiaire de l'INSEE, "stagiaire" parce que je suis en formation à l'Ecole Nationale de la Statistique et de l'Analyse de l'Information (ENSAI). Je me suis engagée à servir l'Etat pendant huit ans, et travaillerai dans le Système Statistique Public, à savoir dans les directions régionales ou nationales de l'INSEE ou dans un SSM (Système Statistique Ministériel). Les élèves qui n'ont pas le statut de fonctionnaire auront, eux, trois ans de formation, au terme duquel ils obtiendront le titre d'ingénieur.


L'enseignement, une fois l'ENSAI intégrée, n'a presque plus de points communs avec l'enseignement dispensé en Khâgne, ce que l'on peut regretter parfois, lorsqu'on a pris l'habitude de la diversité foisonnante d'enseignements de la BL ; c'est ce qui fait la force de cette CPGE. Deux années magnifiques au sixième étage du lycée Saint-Marc, deux années de latin, de littérature, d'allemand, de sociologie, de philosophie...


Comme au terme d'un marathon superbement couru, le vainqueur remercie sa mère, son père et tous les dieux de l'Olympe, je remercie tous les professeurs de Saint-Marc qui m'ont accompagnée durant ces deux années ; et à ceux qui se demandent encore si la prépa vaut le coup : oui !
La BL m'a changée irrémédiablement, de ces métamorphoses que l'on souhaite à tous. De larve, on devient papillon - c'est aussi simple.

 

 

Nadège Pradines,

Attachée statisticienne stagiaire de l'INSEE, en première année à l'ENSAI,

Ancienne khâgneuse de la promotion 2008.

 

PREPA B/L LYON - LYCEE SAINT-MARC - PREPA B/L LYON